Introduction
Aujourd’hui, 14 janvier 2026, la journée pédagogique sur l’outil IAG a été très pertinente. J’ai apprécié de voir autant mes collègues que le cégep s’impliquer activement. Les échanges étaient nombreux, les positions commençaient à se définir et le travail avançait concrètement. On sent que le sujet est pris au sérieux. C’était nécessaire.
Ce qui m’a marqué, c’est le déplacement du discours. On ne parle plus seulement de triche. Oui, elle existe et il ne faut pas l’ignorer. Par contre, il y a maintenant une compréhension plus large du fait que l’outil IAG va devenir un outil important dans la majorité des professions. Elle ne disparaîtra pas. Il faut donc apprendre à vivre avec et l’intégrer dans nos compétences et dans notre pédagogie.
Parce que l’envers de la médaille de la triche, c’est l’étudiant qui désire vraiment comprendre en utilisant ces outils.
La présentation
En avant-midi, des statistiques ont été présentées. Les documents ne sont pas encore disponibles, mais les chiffres ne m’ont pas surpris. Il est difficile d’obtenir des données précises sur la triche à partir de sondages. Les étudiants ne seront pas nécessairement transparents et ceux qui répondent ne représentent pas toujours l’ensemble de la population étudiante. Les chiffres sont intéressants et donnent un portrait général, mais ils ne racontent pas toute l’histoire. Une chose demeure certaine: une partie des étudiants utilise l’outil IAG pour tricher, mais aussi une partie s’en sert pour comprendre!
Un autre point que j’ai trouvé important concerne l’utilisation du terme « outil d’intelligence artificielle générative ». Je suis entièrement d’accord avec ce choix de vocabulaire. Nommer clairement ces technologies comme des outils aide autant les étudiants que les enseignants à garder la bonne posture. Ce sont des moyens de travail, rien de plus.
Personnellement, je n’ai jamais développé d’attachement émotif envers un outil IAG. Cela ne m’a jamais créé de besoin affectif. J’ai toutefois observé que, pour certaines personnes, cette relation peut devenir plus floue. Le fait de rappeler explicitement que ce sont des outils permet de remettre les choses à leur place. On ne développe pas une relation affective avec un marteau!
La discussion sur les trois niveaux d’utilisation de l’outil IAG était pertinente. Interdiction, utilisation de base ou utilisation comme assistante complète. Ce cadre aide à structurer la réflexion. Mon questionnement concerne surtout la façon dont cela est vécu par les étudiants. Une utilisation permise dans un cours, interdite dans un autre ou partiellement autorisée ailleurs, risque de créer de la confusion.
Je me souviens bien du jeune Jimmy, qui voulait des choses claires et sans interprétations. Du point de vue étudiant, l’objectif principal reste d’apprendre “et/ou” de réussir. La compréhension fine des objectifs pédagogiques par compétence n’est généralement pas une priorité.
Si ce modèle est retenu, il faudra une clarté absolue dans les plans de cours et les énoncés. Des règles simples, visibles et faciles à comprendre. Un code visuel ou des icônes seraient probablement plus efficaces que de longues explications textuelles.
Une piste que je trouve intéressante serait d’adopter une règle par défaut basé sur la progression du programme. Par exemple, une utilisation très encadrée en première session afin de consolider les bases. Une autorisation plus large en deuxième année. Un usage beaucoup plus permis en fin de parcours afin de refléter la réalité du marché du travail. Cette approche offrirait une progression claire et cohérente.
La liberté pédagogique des enseignants demeure importante, mais elle devrait s’inscrire dans des balises communes. Autoriser un usage complet de l’outil IAG trop tôt dans le cheminement risque de nuire à l’acquisition des bases et de créer des incohérences et de l’iniquité entre les cours.
L’atelier Avocat du diable / Défense
Le travail fait dans le cadre du chantier a un impact réel. Entendre les points de vue variés permet de faire avancer la réflexion collective. J’ai aussi beaucoup apprécié le travail de Jean-François Dion comme responsable de notre département. Sa présence est constante, son approche est rigoureuse et cela apporte une structure aux discussions.
La réflexion la plus importante pour moi concerne l’évaluation. Évaluer uniquement le résultat final devient de moins en moins pertinent. Il faut déplacer l’évaluation vers le processus. Le comment, le pourquoi et le raisonnement doivent prendre plus de place.
Un exemple concret serait un travail pratique découpé en plusieurs jalons. À chaque étape, l’étudiant explique sa démarche, ses choix, ses ajustements et ses apprentissages. Une étape peut porter sur les tests et la résolution de problèmes. Une autre sur la documentation et la cohérence. Le livrable final pourrait compter pour une faible proportion de la note, alors que le processus représenterait l’essentiel de l’évaluation.
Les ateliers de type avocat du diable et avocat de la défense ont bien illustré cette approche. Challenger une solution, comparer des options et justifier un choix sont des compétences clés. L’outil IAG peut proposer, mais l’étudiant doit être capable de défendre ses décisions.
Conclusion
En résumé, cette journée montre que le cégep avance dans la bonne direction. La peur laisse graduellement place à une réflexion pédagogique plus structurée. Pour que cela fonctionne, il faudra des règles simples, une progression claire et des évaluations centrées sur le raisonnement et le processus. Sans cela, le risque de confusion demeure élevé, autant pour les étudiants que pour nous les profs!
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